{"id":2,"date":"2011-04-05T06:47:07","date_gmt":"2011-04-05T04:47:07","guid":{"rendered":"http:\/\/sffpo.fr\/?p=2"},"modified":"2019-04-09T21:39:39","modified_gmt":"2019-04-09T19:39:39","slug":"definition-et-enjeux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/definition-et-enjeux\/","title":{"rendered":"D\u00e9finition et enjeux"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">La Psycho-Oncologie est une discipline r\u00e9cente, qui s\u2019est structur\u00e9e dans les ann\u00e9es 80, en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant port\u00e9 aux aspects psychologiques, comportementaux et sociaux, li\u00e9s \u00e0 la survenue d\u2019un cancer. Son nom, traduit de l\u2019anglais \u00ab Psycho-Oncology \u00bb, t\u00e9moigne de sa position \u00e0 l\u2019interface de l\u2019oncologie, de la psychiatrie et de la psychologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019objectif de la psycho-oncologie est l\u2019int\u00e9gration de la dimension psycho-sociale aux soins dispens\u00e9s en canc\u00e9rologie, et ce \u00e0 chacun des temps de la prise en charge (\u00e0 commencer par la pr\u00e9vention associ\u00e9 au d\u00e9pistage, puis de l\u2019annonce diagnostique \u00e0 la fin des traitements), qu\u2019elle que soit l\u2019issue (r\u00e9mission, gu\u00e9rison, r\u00e9cidive ou fin de vie). Par cons\u00e9quent, elle concerne l\u2019ensemble des acteurs impliqu\u00e9s dans ce champ, m\u00e9decins, soignants et travailleurs sociaux, auxquels les psychiatres et les psychologues cliniciens peuvent apporter la sp\u00e9cificit\u00e9 de leurs comp\u00e9tences cliniques et th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le champ de la psycho-oncologie comprend deux axes majeurs, tant du point de vue de l\u2019am\u00e9lioration des connaissances que de la mise en place d\u2019interventions sp\u00e9cifiques, en termes de pr\u00e9vention comme de prise en charge :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>les r\u00e9actions psychologiques et sociales des personnes confront\u00e9es au cancer (patients, familles, \u00e9quipes soignantes), avec la mise \u00e0 jour des m\u00e9canismes d\u2019ajustement (inconscients et conscients) et l\u2019identification des situations favorisant la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des sujets face \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une d\u00e9tresse \u00e9motionnelle (caract\u00e9ristiques propres \u00e0 la personnalit\u00e9, aux interactions avec l\u2019environnement social ou \u00e0 certaines \u00e9tapes de la prise en charge oncologique) ;<\/li>\n<li>les facteurs psychologiques, comportementaux et sociaux qui influencent l\u2019apparition du cancer, sa r\u00e9currence et la survie des patients, avec des questionnements autour des liens possibles avec les domaines de la neuro-immunologie ou encore de la g\u00e9n\u00e9tique.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">La psycho-oncologie d\u00e9signe \u00e9galement la pratique clinique des psychologues et des psychiatres, exer\u00e7ant dans des lieux de soins en canc\u00e9rologie ; ils sont alors souvent appel\u00e9s \u00ab psycho-oncologues \u00bb. Elle implique le d\u00e9veloppement d\u2019un ensemble de connaissances sp\u00e9cifiques, reposant sur des th\u00e9matiques et une m\u00e9thodologie de recherche propres \u00e0 ces professionnels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><small> Holland JC, Reznik I. <em>The international role of psycho-oncology in the new millenium.<\/em> Revue Francophone de Psycho-Oncologie 2002 ; 1&nbsp;:&nbsp;7-13.<br \/>\nOppenheim D, Dauchy S. <em>La psycho-oncologie et les t\u00e2ches actuelles des psycho-oncologues.<\/em> Bulletin du Cancer 2004 ; 91 : 99-104.<br \/>\nDolbeault S, Dauchy S, Br\u00e9dart A, Consoli SM. <em>La Psycho-Oncologie.<\/em> Paris : John Libbey Eurotext ;2007. <\/small><\/p>\n<h2 style=\"color: #095197;\">Histoire<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">La psycho-oncologie est une discipline internationale en plein d\u00e9veloppement, qui s\u2019est enrichie de l\u2019exp\u00e9rience acquise \u00e0 travers une diversit\u00e9 de pratiques et d\u2019approches th\u00e9oriques permettant d\u2019apporter plusieurs modalit\u00e9s de r\u00e9ponses \u00e0 la complexit\u00e9 des situations en canc\u00e9rologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son apparition au milieu des ann\u00e9es soixante-dix a \u00e9t\u00e9 rendue possible par la r\u00e9union des facteurs suivants :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><strong>L\u2019\u00e9volution des mentalit\u00e9s au sujet du cancer<\/strong> \u2013 Longtemps le cancer a fait partie de ces maladies stigmatisantes, charg\u00e9es de culpabilit\u00e9 et de honte, parfois \u00e0 l\u2019origine d\u2019une exclusion sociale, souvent par peur de la contamination, que la contagion imagin\u00e9e soit de nature microbienne (transmission d\u2019organismes pathog\u00e8nes) ou morale (influence d\u2019une attitude dont le caract\u00e8re r\u00e9pr\u00e9hensible, voire criminel, est prouv\u00e9 par la survenue de la maladie, \u00e0 valeur donc punitive). Le cancer \u00e9tait d\u2019autant plus mena\u00e7ant dans l\u2019esprit public qu\u2019il \u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 encore r\u00e9cemment synonyme de maladie incurable et mortelle, source de souffrances abominables. Les progr\u00e8s th\u00e9rapeutiques, ainsi que la facilitation de l\u2019acc\u00e8s au savoir m\u00e9dical ont peu \u00e0 peu permis de d\u00e9passer les craintes et le fatalisme associ\u00e9s au cancer, en m\u00eame temps qu\u2019ils ont favoris\u00e9 la chute du tabou : parler du cancer. La naissance de la psycho-oncologie n\u2019aurait pu se faire sans cette ouverture du dialogue autour du cancer et de ses retentissements en dehors de la seule communaut\u00e9 m\u00e9dicale.<\/li>\n<li><strong>La reconnaissance des droits des patients et de leurs proches<\/strong> \u2013 Le non-dit du cancer a \u00e9galement c\u00e9d\u00e9 sous la pression des mouvements associatifs, qui porte-paroles des patients dans un premier temps, puis des proches dans un second temps (premiers \u00c9tats-G\u00e9n\u00e9raux du Cancer en 1998), ont fait conna\u00eetre les difficult\u00e9s et les besoins de soutien de chacun. L\u2019ampleur des d\u00e9bats dans les ann\u00e9es 60 sur le \u00ab droit de savoir \u00bb a fait \u00e9voluer la relation m\u00e9decin-patient, en insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019informer les patients de leur diagnostic et d\u2019instaurer avec eux un r\u00e9el dialogue au sujet des options th\u00e9rapeutiques. En outre, les r\u00e9v\u00e9lations des proc\u00e8s de Nuremberg concernant les exp\u00e9rimentations humaines r\u00e9alis\u00e9es au cours de la seconde guerre mondiale ont contribu\u00e9 \u00e0 ce changement en faveur de la recherche syst\u00e9matique du consentement du patient aux modalit\u00e9s th\u00e9rapeutiques propos\u00e9es. Les travaux d\u2019Elizabeth K\u00fcbler-Ross ont quant \u00e0 eux favoris\u00e9 la reconnaissance du besoin des patients en fin de vie de parler de leur situation, en insistant d\u2019une part sur le caract\u00e8re n\u00e9cessaire du d\u00e9passement des craintes et des croyances associ\u00e9es au fait d\u2019\u00e9voquer la mort, ainsi qu\u2019en t\u00e9moignant d\u2019autre part du fait que l\u2019humanisation des soins en fin de vie tient en partie \u00e0 la possibilit\u00e9 donn\u00e9e aux patients de partager une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 avec les soignants, autant que les proches qui l\u2019accompagnent, et non au maintien dans l\u2019ignorance qui cr\u00e9e l\u2019isolement.<\/li>\n<li><strong>L\u2019int\u00e9gration progressive des consultations de psychiatrie et de psychologie aux services de m\u00e9decine<\/strong> \u2013 L\u2019implantation d\u00e8s les ann\u00e9es 30 des consultations de psychiatrie en m\u00e9decine somatique, puis la reconnaissance \u00e0 partir des ann\u00e9es 50 de cette activit\u00e9 de psychiatrie de liaison, ont contribu\u00e9 \u00e0 mettre en \u00e9vidence la sp\u00e9cificit\u00e9 des retentissements psycho-sociaux du cancer et de ses traitements, et \u00e0 justifier de fait une prise en charge sp\u00e9cialis\u00e9e de ces difficult\u00e9s, n\u00e9cessairement assur\u00e9e par des professionnels de sant\u00e9 mentale exp\u00e9riment\u00e9s dans ce domaine particulier.<\/li>\n<li><strong>L\u2019avanc\u00e9e des corpus th\u00e9oriques et des m\u00e9thodes de recherche en sciences humaines<\/strong> \u2013 Le d\u00e9veloppement dans les ann\u00e9es 50 des \u00e9tudes prospectives, \u00e0 l\u2019appui d\u2019outils quantitatifs valid\u00e9s, a permis de mieux comprendre la mani\u00e8re dont les patients r\u00e9agissaient \u00e0 leur cancer, ainsi qu\u2019\u00e0 \u00e9tablir les premi\u00e8res donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques concernant en particulier l\u2019incidence des troubles anxio-d\u00e9pressifs. Ces recherches partag\u00e9es avec le corps m\u00e9dical ont de plus favoris\u00e9 le rapprochement et la meilleure collaboration des disciplines. Deux \u00e9quipes am\u00e9ricaines ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement motrices dans le lancement des premi\u00e8res \u00e9tudes en psycho-oncologie : celles attach\u00e9es au Massachusetts General Hospital et au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center. Plus r\u00e9cemment, l\u2019introduction d\u2019\u00e9chelles adapt\u00e9es aux sp\u00e9cificit\u00e9s des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es par les patients atteints de cancer, tel que l\u2019European Organization for Research and Training in Cancer \u2013 Quality of Life Questionnaire (EORTC-QLQ-C30), a accompagn\u00e9 l\u2019essor des \u00e9tudes en psycho-oncologie, en facilitant le recueil des donn\u00e9es et l\u2019approfondissement des connaissances.<\/li>\n<li><strong>La diffusion des savoirs cliniques et th\u00e9oriques acquis sous forme orale et \u00e9crite<\/strong> \u2013 La multiplication des communications et des publications (cr\u00e9ation du <em>Journal of Psychosocial Oncology<\/em> en 1983 et du journal <em>Psycho-Oncology<\/em> en 1992 ; publication du Handbook of Psychooncology en 1989, puis de l\u2019ouvrage Psycho-oncology en 1998 de J.C. Holland) au sujet des r\u00e9sultats d\u2019\u00e9tudes et des connaissances acquises en psycho-oncologie, ainsi que la structuration en parall\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9s savantes (<em>International Psycho-Oncology Society<\/em> en 1984) motrices dans l\u2019\u00e9laboration de r\u00e9f\u00e9rentiels scientifiques (\u00e0 l\u2019exemple des guidelines du National Comprehensive Cancer Network-NCCN).<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">A travers ces diff\u00e9rentes \u00e9tapes, la psycho-oncologie a gagn\u00e9 en assise scientifique et soci\u00e9tale, pour se poser comme un incontournable dans la r\u00e9flexion des politiques de sant\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><small> K\u00fcbler-Ross E. On death and dying. New-York : Macmillan ; 1969.<br \/>\nHolland JC, Rowland JH. Handbook of psychooncology : psychological care of the patient with cancer. New-York : Oxford University Press ; 1989.<br \/>\nHolland JC. Psycho-oncology. New-York : Oxford University Press ; 1998.<br \/>\nHolland JC. History of Psycho-Oncology : Overcoming Attitudinal and Conceptual Barriers. Psychosomatic Medicine 2002 ; 64 : 206-221.<br \/>\nDolbeault S, Holland JC. Vingt-cinq ans de pratique psycho-oncologique \u00e0 New-York : une retrospective. Bulletin du Cancer 2008 ; 95 : 419-424.<br \/>\n<\/small><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Psycho-Oncologie est une discipline r\u00e9cente, qui s\u2019est structur\u00e9e dans les ann\u00e9es 80, en r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat croissant port\u00e9 aux aspects psychologiques, comportementaux et sociaux, li\u00e9s \u00e0 la survenue d\u2019un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":293,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"pmpro_default_level":"","footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-2","post","type-post","status-publish","format-standard","category-la-psycho-oncologie","pmpro-has-access","czr-hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/users\/293"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blueima.eu\/sffpo\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}